Les populations de chevreuils en hausse au Nouveau-Brunswick

21 février 2014:  La couverture médiatique récente suggérant un manque de nourriture disponible pour les chevreuils n'est pas du tout en harmonie avec les données et études actuelles sur cette population.  Étant le seul biologiste de la faune employé à temps plein par une société de foresterie au NB, et travaillant dans les forêts du NB depuis plus de 40 ans, je suis en mesure de vous dire que l'habitat du chevreuil est considéré comme une priorité (l'une parmi bien d'autres) pour presque 140 professionnels de la foresterie dans le cadre de la gestion durable des forêts du Nouveau-Brunswick.

Bien qu'elles se trouvent actuellement à l'extrémité nordique de leur limite, les populations de chevreuils sont en train de rebondir joliment après les hivers catastrophiques de neige profonde de 2008 – 09, rebond qui est principalement dû aux trois derniers hivers relativement pauvres en neige (2011-2013 y compris).  Tous les biologistes spécialistes des chevreuils reconnus concordent pour dire que c'est là le facteur principal affectant les populations de chevreuils dans le nord du Nouveau-Brunswick, le Maine et le Québec. De même, les populations d'originaux sont à leur sommet depuis plusieurs années, ce qui est en partie dû à une nourriture abondante, fournie par la jeune régénération forestière consécutive aux récoltes.

http://forestsformainesfuture.squarespace.com/fresh-from-the-woods-journal/maine-moose-how-are-they-doing.html

  • Joe Kennedy, le biologiste des habitats de la faune aquatique et terrestre de DNR, a confirmé dans une entrevue accordée à CBC au mois de septembre 2013 que les populations de cerfs de Virginie continuent de rebondir – plus 15 % depuis 2012 – pour atteindre environ 90 000 cerfs. 
  • Les études scientifiques au NB et dans le Maine confirment également que la nourriture est abondante pour les chevreuils et les originaux dans les zones qui ont été traitées avec de l'herbicide forestier.  Le docteur Lautenschlager, qui est spécialiste de la faune, chercheur et auteur de nombreux articles sur les effets de l'herbicide sur les habitats et les populations d'animaux, écrit que « quatorze études pertinentes ont analysé les effets des traitements de dégagement des conifères sur la nourriture des originaux et des chevreuils et leurs utilisations de leurs habitats. L'usage que font les chevreuils des régions traitées reste inchangé ou augmente durant la première saison de croissance consécutive au traitement. Huit ans après le traitement d'un peuplement d'épicéas et de sapins se régénérant naturellement, le viandis était trois à sept fois plus abondant aux endroits traités qu'aux endroits de contrôle. » (Publié dans la Revue canadienne de recherche forestière).
  • Sur les fonds francs de JDI, plus de 30 % des terres ne seront pas récoltées ou auront un but ou une fonction de gestion principalement autre que la production de bois d'œuvre. Ceci comprend les terres humides et les cours d'eau, avec des zones tampons autour de ceux-ci; des aires d'hivernage pour les chevreuils; et d'autres habitats critiques de la faune comme des nids d'oiseaux de proie, des tanières d'animaux, des bassins vernaux ou des aires trop escarpées ou inaccessibles pour y exercer une activité.
  • Notre programme bénévole Unique Areas (aires uniques) est reconnu à l'échelle nationale.  Aujourd'hui, plus de 1150 sites écologiques uniques, pour un total de 68 000 acres, ont été identifiés sur les terres dont nous avons la possession et la gestion au NB. [lien vers fichier PDF Unique Areas
  • Notre personnel professionnel et spécialisé localise, enregistre et conserve des ruisseaux non cartographiés, des plantes rares, des nids de monticules de branches, des tanières, etc. en réalisant la présélection au sol rigoureuse devant être terminée avant que nous entreprenions toute activité sur les terres.
  • La vérité est que cette zone en conservation s'accroît réellement chaque jour – en conséquence directe des efforts assidus du personnel forestier professionnel. 
  • Le fait est que les arbres et la végétation poussent et changent au fil du temps, fournissant ainsi des types d'habitats importants, mais différents, à différentes époques et en différents endroits du paysage. En tant que forestiers, notre travail consiste à assurer le maintien de la biodiversité pour les populations des faunes terrestres et aquatiques.
  • Certaines personnes entretiennent aussi l'idée, sans fondement, que les zones intensément gérées, comme les peuplements plantés, ne peuvent pas fournir un habitat pour la faune. Ici encore, la science et les études nous montrent que ces zones fournissent bien d'excellents habitats pour des espèces différentes à des époques différentes. Les études et analyses récentes démontrent que nos peuplements plantés fournissent un habitat aux originaux, chevreuils, lynx, martres des pins et nombreuses espèces d'oiseaux – pour n'en citer que quelques-uns – durant leurs cycles de vie.

Les dernières attaques contre la gestion des forêts au Nouveau-Brunswick portées par Rod Cumberland sont irresponsables et ne sont pas confirmées par les données et la recherche scientifique actuelles. La disponibilité de viandis pour les chevreuils et les tendances de population que M. Cumberland essaie de décrire sont en conflit direct avec la recherche scientifique abondante qui a été réalisée à ce sujet au NB ainsi que dans d'autres régions.

Quant à moi – et des centaines de forestiers, ingénieurs et techniciens professionnels dûment formés –, je suis très fier du travail que nous accomplissons ensemble en vue de nous assurer que nos forêts sont gérées de manière durable.  Nous protégeons toutes les espèces sauvages et contribuons à la propreté de l'air et de l'eau, tout en soutenant un secteur important de l'économie qui génère des milliers d'emplois dans tout le Nouveau-Brunswick.  Ce travail repose sur un engagement de tous les jours – consistant à combiner du mieux que nous le pouvons science, technologie et formation – pour trouver l'équilibre responsable et durable pour l'environnement, les communautés et l'économie. Nous vivons et nous avons nos loisirs dans les collectivités rurales dans lesquelles nous travaillons; l’environnement local a pour nous une importance primordiale.

Nous sommes fiers du travail que nous faisons. Et nous sommes fiers des résultats que nous avons obtenus – pour l'habitat, la qualité de l'eau et les emplois.  La durabilité consiste à opérer une gestion tournée vers l'environnement, les emplois et nos collectivités – sans que l'un soit aux dépens de l'autre.  Nous serions fiers de vous montrer, sur le terrain, comment notre travail aboutit à des forêts durables et saines.

John Gilbert
Biologiste de la faune